L'architecte généraliste et polyvalent

Qu’il s’agisse de faire soi-même, local ou écologique est contraire au marché global de la construction. Il s’agit donc de trouver un interlocuteur qui sera ouvert et dont l’intervention sera compatible avec la démarche. Issu d’une formation généraliste,  l’architecte est un concepteur de prototypes.  Il saura tirer le meilleur parti des ressources dont dispose le maître d’ouvrage, qu’elles soient matérielles, spatiales, humaines (temps, réseau) et techniques en vue de concevoir une proposition qui corresponde aux futurs habitants. Un projet se construit deux fois : en études et en réel. Plus le projet est anticipé, plus sa réalisation sera facilitée et les imprévus limités.

Par son expérience dans la construction et sa formation pluridisciplinaire, l’architecte  a acquis un regard qui lui permet de diagnostiquer rapidement les avantages et inconvénients d’un terrain, d’un bien immobilier voire simplement d’une idée.  Il saura missionner les spécialistes indispensables à la bonne réalisation du projet (bureaux d’études) mais aussi à la protection de la santé des occupants (diagnostiques amiante, plomb, électricité). Son rôle consiste à préparer les bonnes conditions pour prioriser les investissements et tirer le meilleur parti des ressources du maître d’ouvrage.

L'architecte concepteur

Parmi les multiples raisons qui décident la maîtrise d’ouvrage à faire appel à un architecte, il y a son insatisfaction de l’offre limitée du marché standardisé-lotisseur. Il ne se reconnaît pas dans les programmes préétablis, les organisations spatiales et sociales types. De plus, bien souvent, les besoins réels ont du mal à émerger de l’esprit des habitants. Ces derniers ont besoin d’être débattus, confrontés au quotidien et à l’entourage, approuvés par les concernés, voire testés. Les architectes sont des spécialistes reconnus de « l’habiter » et donc les plus à même de clarifier les besoins pour apporter une réponse juste au maître d’ouvrage. On fait appel à un architecte pour ne pas répéter ce qui se fait, inventer « l’habiter » de demain, tant dans son organisation spatiale que dans ses techniques ou processus de construction.

« Si héberger relève de solutions techniques – financière, réglementaires et constructives-, habiter requiert, même dans la plus extrême frugalité, une approche plus subtile. Une méthode faite de dialogue et d’intervention où l’architecture n’est pas sans légitimité» 

Concevoir, c’est mettre en application dans l’espace des valeurs. Des matériaux renouvelables et des économies d’énergie de font pas un « habiter ». La réflexion autour des usages a tout intérêt à être échangée avec l’architecte. Il pourra ainsi mettre à profit toutes ses compétences au service du programme : ne rien laisser au hasard pour faire de nécessité vertu, rationnaliser les espaces et maîtriser leurs interactions.

En plus d’un inconfort à l’usage, une erreur de conception peut avoir des conséquences graves sur la pérennité de l’ouvrage et la sécurité des occupants.

L’optimisme, utile à l’esprit d’entreprise, peut jouer des tours quant à l’ancrage dans la réalité de son projet. Tout d’abord la question temporelle. Il faut être averti pour savoir planifier les tâches et leurs enchaînements pour la réalisation des ouvrages.  Il s’agira donc de se donner des objectifs raisonnables afin de garder une marge de manœuvre pour gérer les imprévus, inévitables dans un chantier de construction.

En construction, tout est étroitement lié et interdépendant : le programme, sa mise en application spatiale, le choix du système constructif et le budget. Un œil averti de professionnel sur tous les aspects du projet permet d’orienter les choix en amont et de mettre toutes les chances de son côté pour voir son projet aboutir.

Un chantier ne s’improvise pas et les plans de permis de construire ne suffisent pas. L’exécution lève de nouveaux questionnements et surprises. Il faut adapter le planning aux imprévus, à la météo, aux saisons, à la disponibilité des entrepreneurs, aux découvertes post démolition etc.

Architecte : un professionnel du bâtiment pas comme les autres

Faire appel à un architecte c’est faire appel à des compétences reconnues par la loi et un Ordre. L’habilitation est la capacité légale à exercer certains pouvoirs, à accomplir certains actes. Le titre d’architecte HMONP (ou DPLG) est donc une protection pour le consommateur vis à vis des intermédiaires attirés par l’aubaine  qui s’affranchissent des obligations auxquelles les entreprises sont tenues : qualifications, garanties juridiques etc.

L’architecte est tenu au respect d’un code de déontologie. Comme en médecine, le professionnel est soumis à la neutralité bienveillante. Par ailleurs, il est interdit aux architectes de toucher de rétro-commissions sur les entreprises. Les techniques constructives, les matériaux et le choix des entreprises sont donc effectués en toute impartialité dans l’intérêt du consommateur.  C’est pourquoi, l’architecte est un des rares professionnels du bâtiment ouvert à la démarche d’expérimentation.

Le paysage et le patrimoine sont des biens collectifs à protéger. Sensible à ces sujets enseignés lors de sa formation, l’architecte est un professionnel à même de concevoir en adéquation avec ces principes.

Extrait du guide « Construire avec l’architecte » édité par le conseil National de l’Ordre et disponible sur : https://www.architectes.org/un-architecte-pourquoi-comment

Tout au long du projet, l’architecte est tenu par un devoir de conseil : 

  • « Au stade de la conception : l’architecte doit vous avertir de la faisabilité de l’opération, vous mettre en garde contre l’état du sol ou du sous-sol, vous prévenir des imperfections d’un ouvrage réalisé à moindre frais ou de l’éventuelle dépassement du budget prévu, des risques de la construction envisagée sur les immeubles voisins.
  • Au stade de la réalisation : l’architecte doit vous conseiller sur le choix des entreprises, sur la qualité et les caractéristiques des matériaux utilisés (il peut vous dé conseiller l’usage de certains matériaux).
  • Au stade de la réception : il doit vous alerter sur tous les vices et malfaçons apparents »

La contractualisation est obligatoire pour travailler avec un architecte. Celle-ci a pour but de clarifier la nature et l’étendue de ses missions ainsi que les honoraires correspondants.

En tant que pilote des opérations, l’architecte est amené à coordonner la multitude d’acteurs de la construction, tant sur le volet administratif que technique et juridique. La communication fait partie de son métier. Il doit produire des documents variés et compréhensibles en fonction des destinataires auxquels ils s’adressent. Son expérience et son réseau seront mis au service du projet.

L’accompagnement par un architecte est donc une plus-value pour le consommateur car c’est le seul professionnel à la fois garant de l’éthique, de l’esthétique, de la fonctionnalité, de la technique et soucieux de l’impact environnemental. 

Du simple rendez-vous conseils, aux autorisations de travaux et suivi de chantier, il y a une mission adaptée à chaque besoin et surtout, à chaque budget et échelle de projet !

Adélie Parat, architecte HMONP